Oncle VaniaDe Anton Tchekhov, traduit par André Markowicz et Françoise Morvan. Lecture amusée de scènes de vie à la campagne Mise en espace de Cédric Veschambre Huit personnages pour deux lecteurs : Fabien Grenon, Cédric Veschambre Production Le Souffleur de Verre Durée : 1h15 Trois tables alignées - Une petite moquette d’herbe synthétique (pour dire qu’on est à la campagne). Une guitare remplacée par un magnétophone. Une bouteille de vodka. Une tasse ébréchée. Et des coups de pistolet. Un va et vient, petit parcours,entre ces personnages, tous image fragmentée de Tchekhov. Un grand texte. - Un petit jeu inventé pour les deux lecteurs. Le vieux professeur Sérébriakov est venu se retirer à la campagne, dans la maison de sa première épouse. Cette arrivée perturbe la vie paisible de Sonia, la fille du professeur, et d'oncle Vania, qui à eux deux exploitent tant bien que mal le domaine. D'autant que l'attention des proches, y compris celle de Vania, se cristallise bientôt sur Elena, la seconde et très désirable épouse du professeur… Jour après jour, il y a de la perte partout dans nos vies, et ce n’est pas triste : la mort s’installe dans les draps de notre jeunesse, et avec elle nous apprenons à aimer de façon plus apaisée. Oncle Vania parle de la fin d’un monde, de la fin d’une illusion. Dans une maison, Tchekhov construit une langue à l’architecture habile. Il n’y aura pas de bonheur, mais il y aura l’incandescence de l’instant lumineux qui rachète les retards et les erreurs. La pièce, terminée huit ans avant la mort de l’auteur, est d’une immense vitalité, riche des espérances qui ne seront pas écrites. Il n’y a que des chemins difficiles, des frustrations, des humiliations et pas un personnage heureux ; un texte tout en suspens et soupirs et rires aussi. Car Tchekhov est drôle. Pas amer. Et l’on rit et c’est bien. Même si c’est le cœur serré, étreint de la douleur qui empoisonne les personnages de Tchekhov. Des humains très humains. Des êtres que l’on connaît de longue mémoire et que l’on retrouve, comme on renoue avec de vieux amis. Des gens qu’on aime. Tous ces personnages vivent en danger d’effondrement, et quand cela se produit, c’est spectaculaire. Il y a chez eux comme le besoin d’éprouver ce monde sans amour, de mettre en échec l’être aimé et respecté. Ils ne se sentent vivre que lors de ces tragédies (je souffre donc je suis…). Et quand il n’y a pas de tragédie, ils meurent d’ennui… Chacun, comme un enfant mélancolique, se met à l’épreuve pour avoir la preuve qu’il est bien vivant, pour savoir ce qu’il vaut. |
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