Le Dragon
De Evguéni Schwartz Mise en lecture et en espace : Béatrice Courtois Avec : Fabrice Gaillard et Pierre-François Pommier Depuis quatre cent ans, la ville est au pouvoir d’un dragon. Un dragon de la taille d’une église, recouvert d’une carapace écailleuse, et qui crache le feu, Un dragon à trois têtes, quatre pattes et cinq griffes à chaque patte, acérées comme des lames de rasoir et grandes comme des dents d’éléphant. Chaque mois, pour se nourrir, la ville lui donne mille vaches, deux mille moutons, cinq mille poules et cinquante kilos de sel. C’est un dragon qui coûte la peau des fesses. Mais le pire c’est que chaque année, il choisit une pucelle, et l’emmène dans sa grotte. Là, cette pauvre enfant doit l’épouiller, le gratter jusqu’à ce que l’horreur et le dégoût la tuent. Et on y peut rien changer. Nombreux furent ceux qui se risquèrent à combattre le dragon. Mais tous succombèrent sous ses coups car c’est un grand stratège et un remarquable tacticien. Alors lorsque Lancelot, (un lointain parent du chevalier errant Lancelot) débarque dans la ville et propose de provoquer en duel le dragon pour sauver la belle Elsa, peu de gens le soutiennent, pour la bonne raison que le seul moyen d’être à l’abri des dragons, c’est d’avoir un dragon chez soi. Pour Lancelot, c’est plus fort que lui, il est têtu comme un âne, et léger comme une plume. Quand il arrive quelque part, il se mêle de tout ce qui ne le regarde pas. Ça lui a valu douze blessures légères, cinq graves et trois mortelles. Bourgmestre : « Que vous ayez eu l’audace de défier Monsieur Dragon au combat est une véritable catastrophe. Tout marchait comme sur des roulettes. Monsieur Dragon faisait jouer son influence et neutralisait mon adjoint qui est une crapule redoutable, soutenue par toute une racaille de marchands et de meuniers. Voilà ma position ébranlée, maintenant. » Diffusion : Le Mercredi 27 février 2008, 20h33, La Baie des Singes - Saison culturelle de la Ville de Cournon d'Auvergne. |
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